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Mise à jour: 2 juin 2010

Chronique santé

sante Les questions et réponses de cette chronique ont été tirées des numéros antérieurs de la revue SVB. Toutes les informations contenues dans cette section sont vérifiées et actualisées périodiquement par le Dr Michel Ruel du Centre hospitalier universitaire de Québec (CHUQ), pavillon CHUL.

L'intérêt de cette chronique réside dans le fait qu'elle répond aux questions que les patients fibro-kystiques adressent le plus fréquemment à leur médecin spécialiste en fibrose kystique. En cliquant sur le sujet de votre choix, vous aurez accès aux questions et réponses en rapport avec le thème sélectionné.



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SYMPTÔMES

Anémie et fibrose kystique
Artériosclérose et maladies cardiaques
Arythmie et tachycardie
Candida albicans
CO2 et débit d’oxygène
Diabète et fibrose kystique
Extinction de voix
Fièvre
Hémoptysies
Hippocratisme digital
Hypertrophie du coeur et fibrose kystique
Intolérance au sucre
Mauvaise haleine
Rate hypertrophiée
Reflux gastro-œsophagien
Retard de croissance
Pancréatites
Pneumothorax
Polypes nasaux et odorat
Pseudomonas multirésistant
Sinusite aigüe
Soif

TRAITEMENTS

Antibiotiques

Antibiotiques et bactéries multirésistantes
Antibiotiques et durée des traitements
Antibiotiques, flore intestinale et probiotiques
Antibiotiques intraveineux et exposition au soleil
Antibiotiques : lait et alcool
Antibiotiques et vitamines
Cipro® et entraînement
Tobi®

Anticorps monoclonaux
Cathéter long périphérique
P.A.S. Port et Port-O-Cath
Corticostéroïdes : action et effets indésirables
Cortisol
Cyclosporine : actions et effets indésirables
Désensibilisation
Enzymes pancréatiques
Ibuprofène
Ibuprofène et cicatrisation
Méthadone
Oméga-3
Oxygénothérapie
Poids et gavage
Pulmozyme®
Sirop contre la toux
Super anti-inflammatoires (Vioxx®, Celebrex® et BextraMD)
Tamiflu®
Traitements en aérosols
Ventolin® : conservation
Vitamine E et fibrose kystique

TRANSPLANTATION

Greffe du pancréas
Pamplemousse
Transplantation et problèmes rénaux
Grossesse et transplantation pulmonaire
Groupes sanguins

SEXUALITÉ

Sperme
Vaginite
Ventolin® : relation sexuelle et exercice
ViagraMD

PATERNITÉ, MATERNITÉ

Fertilité masculine
Infertilité masculine

VIE SOCIALE

Contamination

GÉNÉRAL

Acné et Accutane®
Âge médian de survie
Assurance médicale à l'étranger
Clostridium difficile
Combinaison de gènes et espérance de vie
Dents jaunes
Don de sang
Ecstasy
Épilation
Gaz artériel
Maladies infantiles (variole, rougeole, rubéole, oreillons, etc.)
Mucoviscidose ou fibrose kystique du pancréas ?
Phases de recherche
Plantes d'intérieur
SARM/SAMR
Sports à éviter
Vaccin antipneumococcique
Vaccins antiviraux
Vaccin contre la grippe
Vaccins et voyage
Valeur prédite
Virus du donneur

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Vaccins antiviraux

L'année dernière, j'ai subi une transplantation pulmonaire. Étant donné que je suis en pleine forme, je compte réaliser le rêve de ma vie : un voyage en Afrique centrale. Existe-t-il des risques à ce que je reçoive des vaccins antiviraux? Dans l'affirmative, que dois-je faire pour me prémunir contre les risques d'infection?

Vous n'avez pas choisi la destination la plus sécuritaire pour un transplanté pulmonaire, même en bonne forme! En effet, le risque de contracter une infection en Afrique centrale n'est pas négligeable, à moins de séjourner dans les grands hôtels. De plus, la qualité des soins prodigués dans ces pays est généralement loin de la norme nord-américaine. Cela dit, nous avons communiqué avec un spécialiste en infectiologie pour répondre à votre question. Effectivement, il croit qu'il y a un risque théorique en ce qui concerne les vaccins antiviraux : comme ceux-ci stimulent l'immunité de l'organisme, ils pourraient, théoriquement, favoriser une réaction de rejet des poumons transplantés. Aussi, dans le doute, il serait préférable de s'abstenir. Toutefois, il vous est tout de même possible d'utiliser d'autres mesures préventives efficaces : ainsi, pour l'hépatite A, en remplacement du vaccin, on peut administrer des gamma-globulines en injection. Il s'agit d'anticorps offrant une bonne protection temporaire. Par ailleurs, la malaria et les infections intestinales sont très fréquentes dans ces pays. En ce qui concerne la malaria, la protection contre les moustiques (optez pour l'antimoustiques ayant la plus forte concentration de DEET et dormez toujours sous une moustiquaire) et la prise de médicaments antipaludisme oraux avant, pendant et après le séjour demeurent indiquées. Pour contrer les infections entériques causant fièvre et diarrhée, les précautions habituelles (consommation d'eau embouteillée ou de boissons bouillies, pelage des fruits et légumes consommés crus) et l'utilisation de ciprofloxacine, si malgré tout vous contractez la diarrhée des voyageurs, sont également de mise. Donc, avant tout voyage dans un pays " exotique ", il est important de consulter un spécialiste dans une clinique spécialisée dite " clinique des voyageurs " afin de bénéficier des mesures de prévention optimales adaptées aux pays visités et à l'état de santé du voyageur.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Automne 1999, no 24, pages 26-27

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Vaccin contre la grippe

Tous les automnes, mon médecin insiste sur l'importance de recevoir le vaccin contre la grippe. Personnellement, je ne suis pas convaincue de l'importance de cette intervention. Ce vaccin est-il réellement efficace? N'est-il pas dangereux de recevoir des vaccins année après année? Comment expliquez-vous les effets indésirables s'apparentant à la grippe que ressentent certaines personnes?

Avant de répondre à cette question de même qu'à la suivante, je voudrais apporter des précisions au sujet de la grippe. La " vraie grippe " est causée par des virus appelés virus de " l'influenza ". Il n'en existe que quelques dizaines, mais ces virus causent des infections respiratoires généralement plus sérieuses qu'un simple rhume, lequel est causé par d'autres virus respiratoires, nettement plus nombreux. Alors que la grippe s'accompagne de fortes fièvres, de maux de tête et de douleurs musculaires en plus des symptômes respiratoires (maux de gorge, congestion nasale, toux), le rhume se manifeste uniquement par les symptômes respiratoires, sans les autres symptômes si ce n'est une légère fièvre. Les infections respiratoires virales s'accompagnent parfois d'infections bactériennes (otites, sinusites, bronchites et pneumonies). Ces complications sont plus fréquentes et plus sérieuses dans le cas de la grippe que du rhume. Elles sont aussi plus fréquentes chez les personnes âgées ainsi que chez les porteurs de maladies chroniques, comme la fibrose kystique. D'où l'importance de protéger particulièrement ces deux groupes.

Heureusement, il existe depuis plusieurs années un vaccin contre la grippe. Ce vaccin n'offre toutefois aucune protection contre les autres virus respiratoires plus nombreux qui causent le rhume. Son efficacité est d'environ 80 % chez les jeunes adultes; toutefois, il doit être administré annuellement, car, d'une part, il n'offre pas de protection à long terme et d'autre part, il vise une sélection différente de virus chaque année.

Outre la sensibilité locale légère au site de l'injection, le vaccin peut parfois provoquer les symptômes d'une " mini-grippe " soit une légère fièvre avec malaises musculaires avec ou sans symptômes respiratoires mineurs, mais ces effets indésirables durent habituellement 24 heures ou, au plus, 48 heures. Ils sont explicables par la mobilisation du système immunitaire (globules blancs et anticorps) provoquée par le vaccin.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Novembre 2000, no 25, pages 37-38

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Ventolin® : conservation

Est-ce vrai qu'il est préférable de conserver le Ventolin® destiné à l'aérosolthérapie dans un milieu réfrigéré? Si tel est le cas, pourriez-vous en expliquer la raison?

En ce qui concerne la conservation du Ventolin®utilisé en aérosolthérapie, précisons d'abord que les doses unitaires de type nébule doivent être utilisées après ouverture et ne peuvent pas être conservées une fois ouvertes.

Par contre, les contenants multidoses contiennent un agent de conservation. Lorsqu'ils ne sont pas encore ouverts, ils doivent être entreposés à l'abri de la lumière à une température inférieure à 25°C jusqu'à la date de péremption indiquée sur la bouteille.

Une fois le contenant multidoses ouvert, les conditions d'entreposage influenceront la stabilité et la stérilité du produit. Pour ce qui est de sa stabilité, nous pouvons garantir une utilisation sécuritaire et efficace jusqu'à 30 jours après l'ouverture du contenant (qui doit être conservé à l'abri de la lumière entre les utilisations). La stérilité du produit (absence de contamination par les microbes), quant à elle, dépend surtout de la technique de manipulation utilisée; c'est-à-dire de la personne qui prépare le produit et de l'environnement dans lequel il est préparé. Ainsi, il est important de prélever la solution de la façon la plus stérile possible, de fermer le flacon dès qu'on a prélevé la solution et de ne pas l'ouvrir inutilement par la suite. Malgré ces précautions, une contamination est toujours possible. Il faut vérifier l'apparence de la solution avant l'utilisation : si elle renferme des particules, semble altérée ou décolorée, ou bien si on doute de sa stérilité, il faut la jeter. Par ailleurs, de façon générale, l'entreposage au réfrigérateur d'un flacon déjà ouvert pourra diminuer la prolifération des microbes d'une solution déjà légèrement contaminée.

En somme, nous recommandons l'entreposage des flacons non ouverts à la température ambiante et à l'abri de la lumière. Une fois ouverts, ceux-ci peuvent être conservés pour une période maximale de 30 jours, soit à la température ambiante, soit au réfrigérateur.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1993, no 16, pages 25-26

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Ventolin® : relation sexuelle et exercice

Juste avant d'avoir une relation sexuelle, je prends du Ventolin® pour dégager mes bronches et ainsi m'éviter de tousser. Mais j'ai lu que le Ventolin® pouvait avoir des effets néfastes, l'un de ceux-ci étant des complications cardiaques. Le Ventolin® me fait déjà trembler. Pourrait-il y avoir des risques, dans mon cas, à faire usage du Ventolin® avant une relation sexuelle?

Le Ventolin® est prescrit chez les personnes fibro-kystiques parce que plus de la moitié d'entre elles souffrent d'une hyperréactivité bronchique, qui peut toutefois varier dans le temps. L'hyperréactivité bronchique, qu'on retrouve aussi chez tous les asthmatiques, peut se définir comme une trop grande sensibilité des bronches qui amènent celles-ci à réagir de façon excessive lorsqu'elles sont irritées. L'une de ces façons de réagir se nomme le bronchospasme; il s'agit d'une contraction du muscle qui entoure la bronche et qui réduit ainsi son calibre. Le Ventolin® est un médicament bronchodilatateur : il prévient la contraction et amène la dilatation du muscle bronchique, ce qui garde la bronche " ouverte ". Précisons que parmi les stimuli qui peuvent amener les bronches à réagir de façon excessive, on retrouve, entre autres, les allergènes, les irritants non spécifiques (odeurs fortes, fumée de cigarette, air froid), les infections respiratoires et également l'exercice. Considérant ce dernier stimulus, on sait que le bronchospasme provoqué par l'effort physique peut être prévenu par le Ventolin® lorsqu'on le prend de 15 à 20 minutes avant l'exercice.

Compte tenu de ces données, la personne fibro-kystique qui présenterait une hyperréactivité bronchique se manifestant à la suite d'un effort physique pourrait bénéficier de la prise de Ventolin® avant un effort physique (amoureux ou sportif)! L'aérosol-doseur apparaîtrait alors plus approprié que le nébuliseur. Les traitements peuvent être répétés, mais doivent être espacés d'environ six heures. Le recours aux dispositifs utilisant une poudre de Ventolin® (RotacapsMD, Ventodisk®) est tout aussi efficace et demande moins de coordination. D'autres médicaments de la même classe, tels que Berotec®, Bricanyl® et ProAir® peuvent être également utilisés. Enfin, des médicaments plus récents, tels que Accolate® et Singulaire® peuvent parfois être ajoutés dans des cas où l'hyperactivité bronchique due à l'effort persiste en dépit de la médication habituelle. Ces médicaments plus récents ne doivent toutefois pas être utilisés seuls pour soulager les bronchospasmes à l'effort.

Les effets indésirables du Ventolin® (et des autres médicaments de la même classe) se limitent généralement à un tremblement des extrémités et à la tachycardie (accélération du rythme cardiaque). Ces effets indésirables sont bénins et peuvent être éliminés en diminuant la dose et en évitant de répéter les doses à intervalles trop rapprochés.
Bon " exercice "!

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Été 1993, no 17, pages 30-31

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Phases de recherche

Lorsqu'il est question de recherche en fibrose kystique, on entend souvent parler des phases I, II, III et IV. À quoi ces phases font-elles référence? Doit-on tenir compte de ces phases dans la décision de se porter candidat pour l'une ou l'autre de ces recherches?

En recherche clinique, les études sont effectivement classifiées en phases I, II, III, et IV. Les études de phase I évaluent la sécurité d'un médicament et sont effectuées sur un petit nombre de volontaires sains. Ces études permettent d'évaluer ce qui arrive au médicament dans le corps humain. Les effets indésirables sont donc examinés de près.

Les études de phase II impliquent un plus grand nombre de personnes et donnent de l'information sur la façon dont le médicament fonctionne, de même que sur ses effets bénéfiques et indésirables. Ces études sont randomisées et à double insu, ce qui signifie qu'un groupe de patients reçoit le nouveau médicament et qu'un autre groupe reçoit le médicament standard ou bien un placebo (produit inerte). Jusqu'à ce que l'étude soit terminée, ni les patients ni les chercheurs qui travaillent directement avec les patients ne savent lequel des deux groupes prend le nouveau médicament.

Les études de phase III sont un peu semblables aux études de phase II, sauf qu'elles incluent un plus grand nombre de personnes (des milliers) et qu'elles peuvent durer plusieurs années. Ces études donnent aux chercheurs une bonne idée de l'efficacité, des bénéfices et des effets indésirables du nouveau médicament. Dans ce cas également, les études sont habituellement randomisées et à double insu. Une fois l'étude de phase III terminée avec succès, la compagnie pharmaceutique ayant mis au point le nouveau médicament peut alors déposer auprès des autorités gouvernementales une demande de commercialisation.

Lorsque le nouveau médicament est admis sur le marché, on effectue souvent des études de phase IV. Le but de ces études consiste à évaluer le bénéfice à long terme du médicament, ainsi qu'à comparer le rapport coût / bénéfice du nouveau médicament par rapport au traitement traditionnel. La phase IV permet aussi de déterminer si le médicament aurait d'autres usages possibles.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / 2001, no 26, pages 42-43

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Grossesse et transplantation pulmonaire

Je suis en attente d'une transplantation pulmonaire. Après ma greffe, je veux avoir un enfant. Ma question comporte quatre volets.
- On m'a dit que les médicaments que je devrai prendre après l'opération ont des effets sur le fœtus. Est-ce vrai?

Les médicaments immunosuppresseurs présentent de forts risques d'effets indésirables importants chez les fœtus, les ovules et les spermatozoïdes, de sorte qu'une grossesse est contre-indiquée pendant la prise régulière de médicaments post-transplantation. Nous savons très peu de choses sur la grossesse post-transplantation, car peu d'études ont porté sur la question. Néanmoins, la grossesse est possible, bien que les complications sérieuses soient chose courante, tant chez la mère que chez le nouveau-né.

- Puis-je avoir recours aux services d'une mère porteuse au Québec? Comment dois-je procéder?


Au Québec, actuellement, il n'existe pas de réseau assurant les services d'une mère porteuse. Bien que la question des mères porteuses soit controversée, cette procédure est légale au Canada, à la condition que ce service ne soit pas fourni contre rémunération.

- Si les médicaments sont dangereux pour le fœtus, est-ce possible qu'ils affectent aussi les ovules que je produirai? Devrais-je tout de même me faire prélever des ovules et les faire congeler avant ma transplantation? Il semble que pour prélever des ovules, on doive injecter de fortes doses d'hormones. J'hésite donc, car je crains que ces hormones affectent négativement mon état de santé avant la transplantation.


Les ovules ne peuvent pas être congelés pour un usage ultérieur, contrairement aux embryons (ovules fécondés par un spermatozoïde). Par ailleurs, un confrère gynécologue m'a expliqué qu'il ne serait pas prêt à injecter de fortes doses d'hormones pour prélever des ovules chez une femme fibro-kystique. Il ne le fait actuellement que chez des femmes en parfaite santé.

-Une personne fibro-kystique et diabétique peut-elle utiliser la pilule anticonceptionnelle comme moyen contraceptif?


Il n'y a aucune contre-indication à ce qu'une femme fibro-kystique et diabétique prenne des contraceptifs oraux.
Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / décembre 1990, no 12, page 34

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Vaginite

Est-ce vrai que les femmes atteintes de fibrose kystique sont plus susceptibles d'être affectées par des vaginites? Si oui, pourriez-vous m'expliquer pourquoi il en est ainsi? Y a-t-il moyen d'éviter ce genre d'infection? La pilule (anticonceptionnelle) agit-elle dans un sens ou dans l'autre?

Les femmes fibro-kystiques sont effectivement plus sensibles aux vaginites, et plus particulièrement à celles causées par le champignon Candida albican. Il faut savoir que le vagin contient normalement de " bonnes " bactéries qui jouent un rôle important de protection contre d'autres infections plus graves. Les personnes fibro-kystiques doivent très fréquemment prendre des antibiotiques par voie orale et par voie intraveineuse. Or, ces antibiotiques peuvent détruire les bactéries se trouvant normalement dans le vagin, ce qui affecte l'équilibre normal et favorise l'apparition des champignons. Ces derniers entraînent alors des démangeaisons et des sécrétions plus abondantes et plus épaisses dans le vagin. L'infection peut gagner aussi la vulve et y provoquer rougeurs et démangeaisons.

La susceptibilité de contracter ce type d'infection varie d'une personne à l'autre, de sorte qu'on ne propose généralement pas de traitement préventif. Il existe toutefois, pour ces infections à champignons, plusieurs types de traitements locaux très efficaces à base de crème et d'ovules vaginaux. Des antifongiques oraux peuvent être utilisés également. Enfin, une augmentation de l'incidence des vaginites à champignons a été signalée chez les utilisatrices de contraceptifs oraux, mais ce problème s'avère moins important qu'avec les antibiotiques.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / jan. 1992, no 14, page 30

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Infertilité masculine

J'ai 23 ans. Ma conjointe et moi aimerions beaucoup savoir si je suis stérile ou non. J'ai entendu dire qu'il est possible pour moi de passer un spermogramme. Pouvez-vous m'expliquer en quoi consiste un spermogramme? Peut-on se fier à ce procédé à 100 %? J'aimerais aussi que mes résultats ne soient pas connus de l'équipe soignante. Que me conseillez-vous?

Un spermogramme est tout simplement l'analyse du sperme obtenu par voie de masturbation après deux ou trois jours d'abstinence. Le liquide recueilli dans un tube doit être maintenu à la température du corps et apporté au laboratoire dans l'heure qui suit. Le sperme est alors examiné au microscope : les spermatozoïdes sont comptés, et leur forme et leur mobilité sont vérifiées.

On doit savoir que plus de 95 % des hommes fibro-kystiques souffrent d'infertilité. Le problème provient des canaux qui transportent les spermatozoïdes des testicules (où ils sont produits) jusqu'à l'urètre. En effet, chez les hommes atteints de fibrose kystique, ces canaux sont défectueux ou complètement absents. L'infertilité est donc reliée au problème de transport des spermatozoïdes.

Ainsi, sur le spermogramme d'un homme fibro-kystique, il est fréquent de constater une absence totale de spermatozoïdes. Dans un tel cas, on peut être sûr à 100 % de la fiabilité du test pour un diagnostic d'infertilité. En ce qui concerne la confidentialité, sachez que tout médecin peut prescrire un spermogramme, mais que cet examen n'est pas offert dans tous les hôpitaux. Toutefois, il m'apparaît utile que votre médecin à la clinique de fibrose kystique soit au courant des résultats. Les tests de fertilité sont souvent un sujet très délicat. Quels que soient les résultats de votre test, vous pourrez profiter du soutien qu'une personne de la clinique de fibrose kystique peut vous offrir.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / jan. 1992, no 14, page 30

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Sports à éviter

Je pratique différents sports, dont la balle-molle, le volley-ball et le badminton. Depuis un certain temps, je rêve de faire de la plongée sous-marine. Étant donné que j'ai une atteinte plutôt légère de la maladie, croyez-vous qu'il y ait des dangers à ce que je pratique ce sport? J'aimerais également avoir votre opinion au sujet du saut en parachute?

En réponse à notre sportif, je dirai d'abord que la pratique de la plongée sous-marine n'est pas vraiment un sport approprié pour les personnes fibro-kystiques. En effet, la plupart des adolescents et des adultes fibro-kystiques ont au moins une atteinte pulmonaire légère, laquelle peut entraîner la présence de bulles d'emphysème qui pourraient ne pas être visibles sur une radiographie pulmonaire. Ces bulles consistent en des zones fragiles des poumons endommagés, où les parois des alvéoles ont formé de grandes poches creuses. Or, les changements de pression occasionnés par la plongée risquent de faire éclater ces bulles et de causer un pneumothorax.

Par ailleurs, en ce qui concerne le saut en parachute, les hauteurs atteintes en avion n'amènent que de légers changements de la pression atmosphérique et de la pression en oxygène. Il n'y aurait pas de contre-indication absolue à faire du parachutisme pour les gens qui ont une atteinte pulmonaire légère. Il faudrait cependant, à mon avis, que leur état soit stable et qu'il n'y ait aucune exacerbation d'infection. Il serait donc très important qu'une réévaluation soit effectuée par le médecin de votre clinique de fibrose kystique avant d'entreprendre ce type d'activité.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1993, no 16, pages 25-26

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Mucoviscidose ou fibrose kystique du pancréas ?

J'ai 33 ans et je suis atteint de fibrose kystique - longtemps appelée fibrose kystique du pancréas. Je suis un vieux routier de la maladie. Je sais qu'en Europe on la nomme plutôt " mucoviscidose ". Trouvez-vous que ce dernier terme décrit mieux la maladie?

Je suis bien d'accord avec vous! Le terme " fibrose kystique du pancréas " ne rend pas compte de toute l'étendue de cette maladie; il ne décrit que les changements survenant au pancréas. Toutefois, le nom utilisé actuellement est " fibrose kystique " tout court : il englobe donc aussi les changements survenant aux poumons, notamment la fibrose et la formation de kystes.

Le terme " mucoviscidose " (mucus visqueux) utilisé en Europe tient davantage compte des aspects physiopathologiques que descriptifs de la maladie; ce terme n'inclut pas toutefois les désordres des glandes sudoripares qui produisent une sueur trop salée. Tant l'excessive viscosité du mucus que la sueur trop salée sont caractéristiques de la maladie. Ils résultent du défaut de transport des électrolytes (ions, surtout le chlore) dans les cellules. Ces deux aspects sont fondamentaux dans notre compréhension de la maladie, et aucun des deux termes n'en tient compte.

En conclusion, aucune dénomination n'est parfaite, mais " mucoviscidose " pourrait effectivement mieux désigner la maladie.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1996, no 20, pages 24-25

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Contamination

Je m'apprête à faire une demande au cégep en techniques de laboratoire médical. Mon ambition est de travailler dans un laboratoire de centre hospitalier. Étant donné que les techniciens de laboratoire doivent manipuler des bactéries, des virus et des parasites, croyez-vous que mon choix est inapproprié en regard des risques de contamination?

Loin de moi l'idée de vous décourager dans votre ambition de travailler comme technicien de laboratoire dans un centre hospitalier. Soulignons d'abord que ce ne sont pas tous les techniciens de laboratoire qui manipulent des microbes, mais seulement ceux qui travaillent en microbiologie. En effet, certains techniciens en biochimie et en hématologie sont rarement exposés aux microbes. Toutefois, même en microbiologie, le risque d'acquérir une infection n'est guère supérieur pour une personne fibro-kystique que pour toute autre personne. Il faut comprendre que le système immunitaire (système de défense contre les microbes) n'est pas déficient chez les personnes fibro-kystiques. Je ne verrais donc aucune objection à ce que vous travailliez dans un laboratoire de microbiologie.

Je compte d'ailleurs parmi mes patients un étudiant en médecine qui travaille sur un projet de recherche en microbiologie de même qu'une étudiante universitaire de deuxième cycle qui fait de la recherche en microbiologie. La seule réserve que j'émets serait d'éviter de travailler avec des souches de Burkholderia cepacia tant que le mode et le potentiel de transmission de cette bactérie ne seront pas bien compris. Comme vous le savez peut-être, il s'agit d'un organisme qui peut avoir un impact important sur votre santé. Même si relativement peu de patients fibro-kystiques en sont atteints, dans notre clinique, ce n'est pas nécessairement le cas ailleurs.

Dr Michel Ruel
Publié à l'origine dans
CHRONIQUE SANTÉ
SVB / Hiver 1994, no 18, pages 27-28

 

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